Nous défendons l’Iran contre l’attaque militaire de Trump et de l’État d’Israël.

Par : CORI-QI, le 28 février 2026

Les États-Unis et l’État sioniste ont déclenché une guerre contre l’Iran, menant des frappes aériennes et des tirs de missiles sur plusieurs sites de Téhéran et d’autres villes du pays. Trump a affirmé qu’il s’agissait du « premier jour d’une série d’attaques ».

L’un des objectifs était d’assassiner les dirigeants politiques et militaires iraniens. À ce jour, les médias rapportent que l’attaque a éliminé le ministre de la Défense (Amir Nasirzadeh) et le commandant de la Garde révolutionnaire (Mohammed Pakpour). Concernant Ali Khamenei, principal leader politico-religieux iranien, les informations sont contradictoires : les médias israéliens ont annoncé sa mort pendant l’attaque. Trump l’a également affirmé publiquement. Mais cela n’a été confirmé par aucun autre média international ni par le gouvernement iranien. Parallèlement, la presse internationale a signalé de nombreuses victimes civiles, dont 51 fillettes tuées par un bombardement dans une école primaire du sud du pays.

Avec leur hypocrisie impérialiste habituelle, l’entente Trump-Israël affirme qu’il s’agit d’une « attaque préventive » contre l’Iran, car ce pays « représente une menace pour la paix dans la région et dans le monde ». Le véritable objectif de cette attaque est autre et, pour le comprendre, il faut remonter dans le temps.

En 1979, une grande révolution ouvrière et populaire renversa le régime du Shah (roi) Mohammad Reza Pahlavi, au pouvoir depuis 1941 et pantin de l’impérialisme yankee. L’évolution de cette révolution conduisit ensuite à l’instauration du régime théocratique des ayatollahs. Depuis, l’impérialisme yankee a des « comptes à régler » avec ce régime. Son objectif stratégique est donc de le renverser pour le remplacer par un nouveau régime fantoche. Depuis quelques années, l’État sioniste s’est activement associé à cet objectif. Face aux récentes mobilisations massives des travailleurs et du peuple iraniens contre le régime des ayatollahs, l’entente Trump-Netanyahu a estimé que les conditions étaient réunies pour avancer vers cet objectif.

Jusqu’à présent, l’Iran a riposté par des attaques de drones et de missiles contre des bases militaires américaines en Jordanie, en Arabie saoudite, au Qatar, aux Émirats arabes unis, à Bahreïn et au Koweït. Suite à cela, le Wall Street Journal a publié des déclarations de hauts responsables yankees indiquant que « l’armée américaine est sous le choc face aux capacités de l’Iran, qui a attaqué toutes ses bases dans la région ». Autrement dit, contrairement au Venezuela où le régime chaviste s’est rendu sans combattre, en Iran, l’affaire sera bien plus difficile et coûtera beaucoup plus cher à l’impérialisme.

À cela s’ajoutent les multiples problèmes de Trump dans son propre pays. La situation diffère radicalement de l’époque où Bush lança sa « guerre contre le terrorisme » (2002). Bush avait alors obtenu un large soutien populaire pour les invasions de l’Afghanistan et de l’Irak, et la bourgeoisie impérialiste américaine était unie derrière sa politique. Actuellement, le gouvernement de Trump affronte de larges mobilisations contre lui[1]. Simultanément, contrairement à ces invasions, la bourgeoisie impérialiste américaine est divisée sur ces actions militaires dans d’autres pays, comme l’a montré un éditorial du New York Times et les votes au Congrès concernant la politique de Trump au Venezuela.

Au-delà de ces considérations, nous sommes face à une guerre ouverte entre la coalition États-Unis-Israël et l’Iran. C’est sur ce conflit guerrier que chacun doit prendre position. Les puissances impérialistes européennes et le gouvernement brésilien se sont contentés de qualifier l’attaque d’« erronée » et ont appelé à des « négociations diplomatiques entre les parties ». Quant à Mark Carney, le premier ministre canadien, il a ouvertement soutenu l’attaque. Tout comme le président argentin Javier Milei.

Le régime russe de Vladimir Poutine (pourtant allié militaire de l’Iran) s’est borné à des déclarations de condamnation et a également appelé à une « issue négociée ». Le régime chinois, censé être en confrontation totale avec les États-Unis, a agi de même. Aucun des deux n’a levé le petit doigt pour soutenir militairement l’Iran.

De notre côté, nous n’avons aucun doute : face à l’attaque des États-Unis-Israël, nous défendons l’Iran. Cela nous place en unité d’action militaire avec le régime des ayatollahs pour vaincre cette attaque. Nous appelons les travailleurs et les peuples du monde à se mobiliser en soutien à l’Iran.

Aucune confiance dans le régime des ayatollahs

Cela ne signifie pas faire confiance au régime des ayatollahs en tant que direction politico-militaire du conflit guerrier. Pour plusieurs raisons. Premièrement, il s’agit d’une dictature capitaliste qui condamne les travailleurs et le peuple iraniens à la pauvreté et à la faim, et opprime en permanence les femmes et les homosexuels. C’est pourquoi d’immenses mobilisations de masse s’étaient récemment dressées contre lui et avaient été réprimées dans le sang. La CORI-QI avait alors soutenu sans réserve la lutte du peuple iranien[2]. Dans ce contexte, le régime des ayatollahs arrive très affaibli pour se présenter aux masses comme le « commandant » de l’unité et de la défense de l’Iran.

D’autre part, malgré les nombreuses menaces de Trump, le régime n’a jamais cessé de négocier avec l’impérialisme américain[3]. Autrement dit, il n’a pas préparé son peuple à l’attaque imminente. Cette attitude montre également qu’il n’est pas disposé à mener une lutte à fond contre l’impérialisme, mais au contraire à lui faire des concessions et à capituler. C’est pourquoi nous considérons qu’il est nécessaire que la classe ouvrière et le peuple iranien s’emparent de la tâche de combattre l’impérialisme et, dans ce cadre, fassent progresser leur mobilisation et leur organisation indépendantes, jetant les bases de la construction d’un parti révolutionnaire. Ainsi, une fois l’attaque actuelle vaincue, ils pourront reprendre la lutte contre la dictature des ayatollahs dans de meilleures conditions.

Avec ces considérations, nous réaffirmons notre défense de l’Iran face à l’attaque qu’il subit et, contre celle-ci, notre unité d’action dans le domaine militaire avec le régime des ayatollahs.

Une victoire de l’Iran dans cette guerre contre l’impérialisme yankee et l’État sioniste sera une victoire pour tous les travailleurs et toutes les masses du monde. Particulièrement pour les travailleurs et le peuple palestinien.

28/02/2026

[1] https://corici.org/como-la-rebelion-contra-el-ice-puede-derribar-a-trump/

[2] https://corici.org/apoyemos-la-lucha-de-las-masas-iranies-contra-la-dictadura-de-los-ayatolas/

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