Les élections municipales de 2026 en France, qui se sont déroulées en deux tours les 15 et 22 mars, ont été marquées par la situation politique internationale : la guerre en Iran menée par les États-Unis et Israël, et les conflits qui en ont résulté dans d’autres pays. Une guerre dans une région qui fournit une grande partie des hydrocarbures utilisés, et qui a un impact immédiat sur l’économie française et mondiale à travers la hausse des prix des carburants et de leurs dérivés, ainsi que sur le coût de la vie de la classe ouvrière.
L’impérialisme français joue à la « bataille navale »
Le président de la République française, Emmanuel Macron, quelques jours après le début de l’offensive américaine et israélienne, a annoncé l’envoi du porte-avions nucléaire Charles de Gaulle en Méditerranée orientale, critiquant timidement l’attaque américaine et israélienne ainsi que la riposte iranienne. Il a justifié l’envoi de la flotte par la nécessité de garantir la « liberté de navigation » et la « sécurité des siens ». Il renforce ainsi les forces impérialistes françaises déjà présentes dans la région : en Irak, à Djibouti ou à Abu Dhabi.
La situation politique en France avant les élections
Au début de l’année, la scène politique française avait été secouée par les manifestations des agriculteurs au sujet de l’accord entre l’Union européenne et le Mercosur. Macron avait émis de fortes réserves sur cet accord pour défendre les agriculteurs nationaux, mais il a été « trahi » par la Commission européenne qui a décidé de l’appliquer « à titre provisoire » sans même passer par le Parlement européen.
À la mi-février, la mort d’un militant d’extrême droite à Lyon, lors d’un affrontement entre des groupes d’extrême droite et des antifascistes, a marqué la politique nationale française et fait la une de tous les journaux et journaux télévisés. Rares étaient les médias qui n’ont pas rendu hommage à Quentin, ce jeune homme qui non seulement se cachait derrière un ordinateur pour proférer des propos racistes et xénophobes, mais qui, ce jour-là, mettait en pratique son programme politique. Du côté de la droite et de l’extrême droite et de leurs médias (BFMTV, CNEWS, etc.), rien d’étonnant, mais du côté de la gauche parlementaire, rien de très différent non plus ; pas plus que dans les journaux plus traditionnels comme Le Monde ou Radio France, rien d’étonnant dans le discours sur les « extrêmes » et la diabolisation de la « radicale » France Insoumise (LFI). Rien d’étonnant non plus lorsque l’Assemblée nationale a observé une minute de silence à la mémoire du jeune militant d’extrême droite !
Malgré tous ses efforts et ses rapprochements programmatiques, comme en témoigne sa visite en janvier dernier dans une usine de Dassault (usine d’avions de combat Rafale), Mélenchon n’a toujours pas réussi à convaincre la bourgeoisie française que LFI peut constituer une alternative au pouvoir.
La désillusion face au système se confirme
C’est dans ce contexte politique national et international que se sont déroulées les élections municipales en France. Le taux d’abstention a fait la une. Si l’on exclut les élections précédentes de 2020 en pleine pandémie de Covid, les deux tours ont enregistré des taux d’abstention records, atteignant 43 %. L’abstention n’a cessé d’augmenter au fil des ans (2001 : 31 %, 2008 : 35 %, 2014 : 38 %), une situation similaire à celle de nombreux pays, qui traduit la désillusion générale croissante face aux élections de la part de nombreux travailleurs qui ne voient pas de changements positifs dans leur vie après chaque scrutin, bien au contraire.
Les partis bourgeois traditionnels se consolident
Les partis bourgeois traditionnels, le Parti socialiste et Les Républicains, avec ou sans alliances, ont affirmé lors de ces élections leur implantation dans le pays. Le Parti socialiste français, allié notamment aux Écologistes, au Parti communiste et aux anciens membres de LFI, dirige depuis le 22 les principales villes du pays, non seulement la capitale Paris, mais aussi Marseille et Lyon. La droite républicaine remporte d’autres villes importantes, qui ont changé de camp, comme Toulouse ou Brest. Ces partis du « centre extrême » l’emportent donc sur le macronisme, grand perdant des municipales, mais qui s’est tout de même accroché, dans la nuit du 22, à quelques victoires comme la ville de Bordeaux afin d’éviter un bilan de défaite.
L’extrême droite, par le biais du RN de Le Pen et Bardella, ne remporte pas de grandes villes, à l’exception de Nice en alliance avec Ciotti, le dissident des Républicains, mais poursuit sa progression dans les villes moyennes et en province. Elle s’est également disputé des villes importantes au second tour, comme Marseille ou Toulouse, mais en est sortie vaincue. L’extrême droite a connu une progression et a consolidé son électorat.
La LFI, présentée comme l’antipode du RN et encore plus diabolisée après les événements de Lyon, a connu lors de ces élections un premier test aux municipales après les élections Covid. Elle a surtout remporté une ville dans le nord et deux villes importantes en région parisienne, dont Saint-Denis, la deuxième plus grande ville de la région parisienne avec environ 150 000 habitants. De nombreux candidats et têtes de liste de LFI sont issus du milieu social et associatif, avec un travail de terrain auprès de la classe ouvrière pauvre et immigrée.
Les organisations du camp révolutionnaire se sont présentées principalement dans les grandes villes. Pour le conseil municipal de Paris, le NPA-R, LO et le PT (lambertisme) se sont présentés, totalisant 1,5 % des voix. Révolution Permanente ne s’est pas présentée au conseil municipal de la capitale, mais a mené une campagne forte dans la deuxième ville d’Île-de-France, Saint-Denis, voisine de Paris, où elle a obtenu plus de 7 % des voix et élu deux conseillers municipaux, la même ville où la LFI a remporté le premier tour. Ces résultats témoignent du poids et de l’importance de ces courants malgré la crise que traverse l’ensemble du mouvement révolutionnaire et sa direction.
La campagne consiste désormais à se mobiliser dans les rues et sur les lieux de travail !
Il faut maintenant, après les élections, retourner dans la rue et continuer à organiser la classe ouvrière sur les lieux de travail, dans les écoles et dans les quartiers. La campagne consiste désormais à lutter contre l’offensive et l’occupation impérialistes en Iran et dans tout le Moyen-Orient, où la Palestine reste victime de l’occupation de l’État colonial d’Israël. Israël, un État fondamentaliste qui, le 30 mars, a approuvé au sein de son parlement la peine de mort pour les « assassinats terroristes » commis par des Palestiniens. Mobilisons-nous donc pour la fin de l’État colonial israélien, contre l’impérialisme américain et français ! Contre la guerre en Iran, au Liban et dans tout le Moyen-Orient ! Il faut construire une nouvelle direction révolutionnaire cohérente dans la lutte contre l’impérialisme !

