Par : Équipe européenne du CORI-QI, le 16 janvier
Dimanche prochain, le 18 janvier, le Portugal se rendra aux urnes pour élire son prochain président de la République. Onze candidats sont en lice et il y en a pour tous les goûts. Il y a le militaire qui est apparu au début de la pandémie pour « sauver » la nation, les candidats qui proposent « du vin distribué dans tous les foyers portugais », ou encore celui qui se présente habillé en Afonso Henriques, le premier roi du Portugal.
On trouve parmi ces candidats ceux des partis représentés au Parlement, parmi lesquels le « candidat éternel » du parti d’extrême droite portugais. Il y a aussi un candidat qui se démarque : un professeur syndicaliste et activiste, l’un des responsables de la grande lutte des enseignants contre le gouvernement Geringonça, à travers le syndicat STOP, dont il est le dirigeant.
Bien que nous appelions à voter pour André, nous considérons que les propositions politiques de sa candidature sont insuffisantes et présentent une hiérarchie erronée. Il est vrai que les subventions aux partis peuvent parfaitement disparaître, mais elles ne constituent ni le centre, ni le moyen de résoudre les problèmes du pays. Les quelque « 20 millions d’euros par an », qui sont toujours mis en avant sur le site de la campagne, ne sont pas le plus important pour changer le Portugal.
Pour nous, une campagne axée sur le droit au logement, le contrôle du marché immobilier et le contrôle des crédits et des banques par les travailleurs, par exemple, est beaucoup plus centrale et mériterait d’être davantage mise en avant sur la page d’accueil du site. Sans s’attaquer à la finance et aux banques, il est difficile de faire quelque chose au Portugal. Celle-ci doit être entre les mains des travailleurs et à leur service, afin de mettre fin à la spéculation et au carrousel des taux d’intérêt.
Les travailleurs portugais ont encore besoin d’une véritable augmentation du salaire minimum qui leur permette de payer un loyer et qui ne les éloigne pas du travail. Aujourd’hui, avec tant de technologie et de facilitation du travail (robots, IA, etc.), les patrons et leurs gouvernements augmentent de manière contradictoire notre journée de travail et notre âge de départ à la retraite. Au lieu de travailler plus, comme le propose ce gouvernement, nous devons exiger les 35 heures et la retraite à 60 ans !
Enfin, nous considérons qu’une campagne qui ne met pas en avant le rôle de l’Union européenne est toujours incomplète. Si nous ne dénonçons pas l’Union européenne et ses budgets au service des patrons et de la guerre, dans lesquels l’euro joue un rôle majeur, le Portugal n’ira nulle part.
Nous appelons les travailleurs à voter pour André Pestana, car c’est voter pour un travailleur et non pour un représentant des patrons et de la bourgeoisie ! Nous considérons que voter pour le Bloco et le PCP n’aide pas notre classe. Il faut tirer une fois pour toutes le bilan de la participation de ces deux partis au soutien du gouvernement de la geringonça. Nous pensons que les élections doivent aussi permettre de construire quelque chose de nouveau : une alternative révolutionnaire qui renforce les luttes contre le gouvernement et l’extrême droite.

